Meta et le "compte vérifié"




Il semble que les grandes maisons parmi les réseaux sociaux qui ont créé l'internet 2.0 suivent une tendance à la selectivité inquiétante, et néanmoins logique eu égard à la pression des actionnaires sur des bénéfices en berne. Racheté par Elon Musk, Twitter avait déjà amorcé ce procédé avec le badge du "compte vérifié" moyennant un abonnement. La contrepartie n'était pas d'avoir plus de visibilité, mais simplement de la conserver... Meta (Facebook & Instagram) suit cette tendance. De graves conséquences à prévoir sur les créateurs de contenus et la liberté de l'information...

Lundi, Instagram annonçait qu'il testait un flux affichant uniquement les publications de comptes vérifiés. Annoncé comme se sésame pour les « les entreprises et les créateurs souhaitant être découverts » fait partie d’une initiative plus large dans l’industrie des médias sociaux: Les applications encouragent leurs créateur de contenus à payer pour une amélioration de l’algorithme. Cela crée une nouvelle source de revenus et un marché selectif qui va créér une scission nette entre créateus de contenus à ceux qui aurent un réel intéêrét pécunier à y apparaître, grands comptes, influenceurs et ...trolls payés par Moscou.

Meta déclare aussi:
"Nous testons un moyen permettant aux gens d'explorer leur flux Instagram en basculant uniquement vers les comptes Meta Verified"
(Adam Mosseri)
Le dirigeant d'instagram a partagé une capture d'écran montrant un menu déroulant permettant de basculer pour consulter les comptes vérifiés. La vraie question reste de savoir si l'utilisateur d'Instagram, souhaite cet internet élitiste. Des années auparavant, le concept de "vérification" était réservés à des comptes remarquables. Maintenant, c’est simplement une sélection financière des création de contenus. "Meta Verified" devient donc à présent un service à 11,99 $ par mois décrit comme le moyen « d'établir l'authenticité de votre compte » avec (quand même) quelques avantages supplémentaires comme plus de sécurité et un accès à des fonctionnalités exclusives (restant à définir).



Bien entendu ce que Meta se gard bien de mentionner explicitement est que la coche bleue sur Facebook, Instagram et Threads fait marcher la l'algorithme, en sa faveur. Les professionnels du web sont prévenus: Si vous voulez être vu, payez !. Le "filon" d'Elon musk à généré jusque là quelques 294,000 comptes payants, sur 500 millions de comptes actifs, soit une sur 1700. L’ancien régime de vérification de Twitter n’était pas paradis, fustigé par Elon Musk et les ancient comptes vérifiés obtenaient en effet bien plus de vues. La coche était un signe de reconnaissance aussi lié au nombre de followers (5000+). De nombreuses vérifications ont été remises de manière trouble, avec faveurs personnelles et dans le réseau des employés de l'oiseau bleu.

Même dénoncé, ce système à quand même généré des revenus supplémentaires comme planifiés même modestes pour Musk, très inférieurs aux revenus publicitaires. Pour les référenceurs étant dans la catéorie intermédiaire, en dessous des 2500 followers vérifiés, et pas encore capables d'investir dans une abonnement, cétait une mauvaise nouvelle, car la certitude que quelque soit la nature des publications après cette césure, les vues seraient plus rares.

Alléchés par les gains faciles, Meta a rapidement emboîté le pas à X. Facebook et Instagram ont abandonné le système de vérification traditionnel et l'on transformé en services payants, prouvant que Musk avait du flair à court terme. Car à long terme, cela opère une véritable sélection entre les créateurs de contenus qui souhaiteront rester visible coûte que coûte... et les autres. Nulle doute que la chute des vues aurant pour conséquence à plus long terme un certain désintêrét pour les médiats traditionnels ayant accédé au sommet, les acteurs historiques, et se diriger vers de nouveaux réseaux à l'ancienne, avec un algorythme égalitaire.

Les modifications apportées à la vérification par Musk ont clairement eut un effet sur l’algorithme de Twitter. Les utilisateurs désormais ne verront plus leurs comptes favoris (si non vérifiés) et se verront imposés ceux d'utilisateurs payant, que l'on ne suivait pas aurapavant, et aparraissant désormais en haut de la discussion. Dans l'absolu 8 euros pour Instagram ne paraît pas gigantesque, mais rapporté à une année, et ajouté aux 11 euros de Facebook et ceux de X, les conséquences sont importantes.

Une étude récente a révélé par exemple que sept comptes vérifiés sur X contrôlaient l’actualité sur les sujets sensibles comme Israël et la Palestine, générant 1,6 milliard de vues trois jours après les attaques du Hamas du 7 octobre, dix fois plus d'engagement que les grand médias traditionnels comme la BBC, le New York Times et Reuters combiné. Ces nouveaux acteurs ne font soit que reprendre des information sans vérification ou pire, génère un narratif d'état, bien caché derrière une pseudo-ensigne médias; Car si les particuliers n'ont pas forcément envie de mettre la main au portefeuille et les grands médias sont dubitatifs sur les "gains" d'une dépense supplémentaires, les états totalitaires ne regardant à la dépense, de Téhéran à Moscou en passant par Pékin, ne reculeront pas à s'offir cette nouvelle vitrine à moindre frais...

Une mauvaise nouvelle de plus dans ces temps troublés pour la liberté de l'information et pour les créateurs sur internet. Une hiérarchie sociale se met sournoisement en place, et le temps du contrat tacite "gratuit contre publicité" semble être bel et bien révolu. Reste à observer la réaction de Google et comment ses investisseurs verront le potentiel d'une telle mesure sur Youtube.